Lignes haute tension et distances de sécurité

 

C’est une question qui revient souvent : à quelle distance de lignes haute tension est-il possible de vivre en toute sécurité ?

Les lignes à très haute, haute et basse tension sont nécessaires pour acheminer l’électricité jusqu’à votre domicile. Sans elles, vous ne seriez certainement pas en ce moment en train de lire cette page sur notre site. L’électricité fait partie intégrante de notre vie, et pas seulement pour alimenter les ordinateurs ou les chargeurs des smartphones !

Selon les documents de RTE, les lignes aériennes électriques traversent le territoire de près de 18 000 communes en France.

Il est donc naturel que votre regard rencontre fréquemment de grands axes de distribution, dont la carte peut être consultée sur Internet sur le site de RTE  :

carte du réseau RTE

En revanche, une question se pose : est-il raisonnable de s’installer dans une maison située juste sous un pylône HT de 400 000 Volts ?

 

Aveugles contre électrosensibles ?

 

Une recherche rapide sur Internet montre que le débat passionne et oppose les partisans optimistes du « tout va bien » aux sages adeptes du « principe de précaution ».

Il y aura toujours des « experts » à la morale contestable prêts à affirmer qu’il n’y a aucun risque pour la santé, mais qui pour rien au monde n’achèteraient une maison construite sous des lignes électriques…

Vous trouverez toujours des sceptiques qui tourneront au ridicule les témoignages de gens qui sont malades suite à une exposition prolongée à des CEM… Je les invite donc à vivre à leur tour dans une maison avec en permanence plus de 500 V/m et plus de 200 nT, en leur souhaitant de connaître une vie longue et sereine et sans trouble de santé…

Nous sommes tous différents face aux rayonnements : il faut parfois plusieurs années à quelqu’un pour ressentir les effets d’une surexposition, alors qu’une autre personne expérimentera un mal-être pratiquement immédiatement – c’est valable de la même façon pour les ondes haute fréquence des antennes GSM, de la Wi-Fi, des téléphones portables ou du Linky.

N’en déplaise à ceux qui feraient preuve d’aveuglement sur ce sujet, et contrairement à ce qu’ils pourraient penser, les électrosensibles ne sont ni des imbéciles ni des affabulateurs bons à être internés d’office à l’asile !

Et quand je lis dans une plaquette très rassurante éditée par RTE à destination des Maires que  « Ce syndrome a été étudié scientifiquement sans que les conclusions n’établissent de lien avec les ondes électromagnétiques. » (en gras dans le texte d’origine), j’aimerais que l’on m’explique pourquoi, sans protection, je vais avoir une forte migraine à chaque fois que je passe sous une ligne à 400 Kv. Et j’aimerais aussi que tous les « experts indépendants » nous expliquent pourquoi nous sommes des dizaines de milliers à ressentir la même chose.

Notre expérience dans le cadre de l’activité de Maison d’énergie nous a bien des fois mis en présence de maisons où les habitants se plaignaient de fourmillements dans les mains, de céphalées, de troubles du sommeil, voire de maladies invalidantes graves, d’AVC… après avoir vécu quelques années sous des lignes haute tension.

Les lignes électriques transportant le courant alternatif génèrent deux types de champs : le champ électrique alternatif, à propagation linéaire, mesuré en Volts / mètre (V/m), et le champ magnétique alternatif, qui se propage de façon circulaire et qui est mesuré en nano tesla (nT) dans la notion d’habitat sain – et non pas en microTesla (µT) !

La meilleure protection contre ces rayonnements est la distance, car l’intensité des champs s’atténue fortement avec l’éloignement du sujet par rapport à la source.

C’est pour cette raison qu’il est inexact de comparer les  » Valeurs de champs magnétiques émis par une ligne très haute tension et par quelques appareils domestiques du quotidien (μT) » dans la plaquette éditée par RTE sans indiquer de notion de distance.

Selon cette source (1), une ligne à 400 000 V aurait un champ magnétique de 0.16 µT, soit 160 nT à 100 mètres, et un réfrigérateur de 0.25 µT, soit 250 nT… mais à quelle distance ?

Pourquoi mettre en doute le sérieux des mesures de RTE ?

Leur volonté de banaliser l’importance des champs magnétiques des lignes THT s’appuie sur les normes françaises actuelles et se base sur des enjeux industriels qui sont compréhensibles.

Nous sommes curieux de vérifier leurs affirmations, et nous mesurons devant la porte de notre réfrigérateur domestique, à une hauteur de 50 cm du sol, la valeur indicative de 2 nT à une distance de 2 cm de la paroi métallique.

Sans doute avons-nous eu de la chance lors de notre achat, car en effectuant une seconde mesure lors d’une intervention chez des particuliers, nous mesurons devant un grand réfrigérateur/congélateur 2 portes, à une hauteur de 60 cm du sol et à une distance de 10 cm, la valeur de 1250 nT ! (2)

Quoi qu’il en soit, et comme le faisait justement remarquer l’un de nos clients, si c’était le cas, on ne vit pas la tête à l’intérieur d’un frigo mais on dort parfois avec une ligne THT à 400 000 V juste au-dessus de la maison !

Les distances de sécurité

 

Un document officiel estime qu’à une distance de 100 m, tout va bien.

Malheureusement, il se base sur des normes qui ne sont pas forcément celles qui ont été adoptées en Suède et en Allemagne dans le cadre des mesures indicatives en habitat sain pour la protection des êtres vivants. (3)

Rappelons que l’intensité de champ hors potentiel pour des zones de repos est idéalement fixée à moins de 0.3 V/m et moins de 20 nT pour les champs magnétiques à 50 Hz. (4)

Une chambre à coucher avec moins de 20 nT, est-ce possible ?

 

Oui, malgré la présence de lignes électriques dans nos murs, il est possible de dormir dans un lit en ayant moins de 20 nT de champ magnétique. Bien entendu, la présence à proximité d’un radio-réveil, de moteurs ou d’un appareillage électrique rend les choses plus compliquées (comme les moteurs électriques qui se trouvent dans les lits médicalisés, par exemple).

De ma chambre à coucher, je vois les beaux pylônes de 400 Kv qui sont en photo sur cette page. Une mesure indicative au centre du lit donne 2 nT, car les lignes THT sont à 900 mètres d’ici !
En revanche, si j’allume le moteur de la porte de garage, qui se trouve juste en-dessous, le champ magnétique passe à 12 nT (et à 122 nT à la verticale du moteur, à travers le plancher).

Je suis sensible à toutes les énergies, au point d’arriver à ressentir toute chose invisible, et je peux vous garantir qu’une différence de 10 nT a une incidence sur la qualité de mon sommeil…

Nous sommes tous différents, et vous pouvez effectivement supporter pendant un certain temps des niveaux de CEM non compatibles avec le fonctionnement électro-chimique de votre corps.
Mais comment réagiront vos enfants à cette agression continue ? Surtout s’il sont exposés à d’autres pollutions HF (Wi-fi, portables, etc…) et que votre habitation n’est pas harmonisée par un géobiologue attentif à votre santé ?

micro et nanoTesla : une différence significative

 

Étant donné que 1 microTesla (µT) = 1 000 nanoTesla (nT), le graphique ci-dessus devient beaucoup moins rassurant lorsque l’on utilise la bonne échelle qui permet de prendre conscience des véritables niveaux d’exposition :Cela signifie par exemple que sous une ligne à haute tension de 400 000 V, votre organisme va supporter près de 16 667 fois le niveau de rayonnement de champ électrique conseillé pour un lieu de repos, et 1 250 fois trop par rapport au champ magnétique alternatif.

A 100 mètres d’une ligne haute tension de 90 000 V, et selon les mesures initiales de ce graphique, vous devriez supporter pendant votre sommeil près de 33 fois la dose recommandée pour les champs électriques et 5 fois celle des champs magnétiques alternatifs conseillés (5).

Comment vérifier le type de ligne à haute tension ?

Document RTE permettant de reconnaître le type de lignes électriques (cliquer pour agrandir)

Le nombre d’isolateurs donne une indication sur la puissance des lignes haute tension (document RTE)

Ici, trois isolateurs sur un pylône de distribution finale avant enfouissement des câbles

Le nombre d’isolateurs est donc un premier indice quant au voltage des lignes électriques, les grands pylônes comportant une plaque d’identification permettant de connaître la puissance exprimée en Kilo volts.

Ici, un exemple de lignes à 63 000 V à proximité de Metz sur pylônes en béton, présentant 4 isolateurs et une signalétique bilingue détaillée

( Cliquer sur l’image pour l’agrandir )

 

Dans cet exemple, la ligne est une ligne HT de 90 000 Volts. La plaque d’identification vous fournit toutes les informations nécessaires.

 

L’estimation des distances de sécurité minimales doit tenir compte de la présence ou de l’absence d’obstacles entre les lignes HT et les habitations qui ont un effet sur leur propagation. La plupart des intervenants en habitat sain estiment que les distances à respecter sont globalement de 1 mètre pour 1000 volts ; une marge supplémentaire nous semble plus judicieuse :

 

Distances estimatives conseillées pour une sécurité maximale en terrain dégagé

Comment savoir si mon habitation se trouve dans les distances de sécurité ?

 

Vous pouvez calculer la distance séparant la maison des lignes aériennes grâce à Google maps version satellite, en utilisant une fonction accessible facilement à partir du clic droit de la souris :

Mesurer la distance entre des points

Comment mesurer avec Google Maps la distance entre une ligne haute tension et une habitation

Google Maps permet de mesurer facilement la distance entre une ligne haute tension et une habitation

 

Dans tous les cas une mesure indicative des niveaux de rayonnement est souhaitable, si possible à des horaires où les lignes sont fortement sollicitées par les consommateurs.

Je suis tenté de dire que je préfère voir des pylônes haute tension dans le paysage que de ne voir aucune ligne électrique.

L’avantage des lignes aériennes est simple : vous savez toujours à quelle distance du rayonnement vous vous trouvez, et c’est rassurant.

Les lignes enterrées sont certainement plus esthétiques et plus fiables en cas de perturbations climatiques, mais leur détection nécessite obligatoirement une sensibilité aux rayonnements électromagnétiques ou l’utilisation d’instruments de mesure.

Nous avons par exemple travaillé sur le cas d’un appartement situé au-dessus d’un transformateur de quartier, générant une perturbation importante mais visuellement discrète, car le transformateur se trouvait à l’intérieur de l’immeuble d’habitation. Les appartements les plus exposés se trouvaient à la verticale de ce local.

Ailleurs, dans une maison de village où le champ magnétique était anormalement élevé, nous avons fini par identifier la présence le long du trottoir d’une ligne HT enterrée dont personne ne soupçonnait l’existence (6).

Enfin, investir dans des systèmes de protection CEM peut s’avérer très coûteux lorsqu’une maison est trop proche des lignes aériennes ou dans le cas de lignes haute tension enterrées à proximité.

Des solutions existent toujours, telles que peintures au carbone et voilages blindés mais nécessitent des études personnalisées, car ces solutions sont efficaces contre les champs électriques mais pas contre les champs magnétiques.

Un doute ? Demandez une mesure auprès de la Mairie de votre habitation, en gardant en tête les valeurs SBM conseillées en habitat sain.

Vous souhaitez que nous fassions une mesure indicative pour vous ? Contactez-nous ici

Dans tous les cas, si vous changez de domicile, pensez à effectuer, pour votre bien et pour celui de vos proches, une harmonisation énergétique car les nuisances énergétiques d’origine naturelle s’ajoutent aux nuisances d’origine artificielle (champs électromagnétiques et rayonnements haute fréquence), et nous sommes sensibles à toutes ces énergies !

 

 

 

(1) Source (document RTE en pdf) : mesure_cem_ht-tht.pdf

(2) Ces écarts importants devraient inciter les pouvoirs publics à imposer un affichage complémentaire avec un protocole de mesure normé des valeurs de champs magnétiques de tous les appareils électroménagers. Dans notre exemple, il s’agit certainement d’un défaut de mise à la masse de l’appareil, qui peut avoir des conséquences importantes sur la santé et la sécurité électrique des utilisateurs.

(3) Source :  Ergänzung zum Standard der baubiologischen Messtechnik SBM-2015 BAUBIOLOGISCHE RICHTWERTE FÜR SCHLAFBEREICHE

Document pdf disponible ici : richtwerte-schlafbereiche-15.pdf

(4) Voir notre article à ce sujet : Analyse et mesure CEM – Mesure indicative des champs électromagnétiques, conseils et prévention

(5) Gardons cependant à l’esprit que certaines plaques à induction sont capables d’émettre des champs magnétiques de l’ordre de plusieurs milliers de nanoTesla : si vous aimez passer du temps dans votre cuisine, le danger sanitaire n’est pas toujours là où vous le croyez !

(6) Dans cette maison, la mesure indicative a révélé 500 nT de champ magnétique sur le trottoir, et 120 nT dans une chambre à coucher, soit 6 fois la dose recommandée pour une zone de repos.